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Le faux appel du support Microsoft : comment le repérer avant de donner l'accès à votre PC

Le téléphone sonne. Une voix, souvent avec un accent anglophone marqué, vous annonce que votre ordinateur envoie des alertes de sécurité à “Microsoft” et que des virus s’y propagent activement. Elle vous demande d’ouvrir un logiciel d’accès à distance pour “vérifier”. Ne le faites pas : Microsoft n’appelle jamais spontanément un particulier ou une entreprise pour du support technique. C’est l’arnaque au faux support technique — la 3ᵉ menace la plus fréquente signalée par cybermalveillance.gouv.fr en 2024, avec plus de 13 500 demandes d’assistance.

Comment se déroule l’arnaque, concrètement

Deux scénarios reviennent le plus souvent. Le premier commence par un appel téléphonique direct : un interlocuteur se présente comme technicien Microsoft (ou parfois d’un fournisseur d’accès), affirme avoir détecté une activité suspecte sur votre machine, et instaure un climat d’urgence — “votre licence Windows a expiré”, “un pirate est en train d’accéder à vos fichiers”. Le second commence par un message bloquant à l’écran : une fausse alerte système, parfois un faux écran bleu, s’affiche en plein écran avec un numéro de téléphone à appeler “d’urgence”.

Dans les deux cas, l’objectif est identique : convaincre la victime d’installer un outil de prise en main à distance (TeamViewer, AnyDesk, ou équivalent). Une fois connecté, le faux technicien affiche des fenêtres système normales (gestionnaire d’événements, invite de commandes) en les présentant comme la preuve d’une infection, puis propose une “réparation” facturée entre une centaine et plusieurs centaines d’euros — parfois réclamée en cryptomonnaie ou en cartes cadeaux. Dans les cas les plus graves, l’escroc pousse la victime à ouvrir son espace bancaire en ligne sous prétexte de “sécuriser un paiement suspect”, et détourne les fonds pendant la session.

Les signaux qui ne trompent pas

  • Un appel non sollicité qui se dit “Microsoft”. Microsoft l’affirme sans ambiguïté sur sa propre page officielle dédiée : l’entreprise ne contacte jamais un utilisateur par téléphone ou par email non sollicité pour du support technique. Toute prise de contact doit venir de vous, via les canaux officiels.
  • Un numéro de téléphone affiché dans un message d’erreur. Un vrai message d’erreur Windows n’affiche jamais de numéro à appeler — c’est, selon Microsoft, un signal quasi certain de faux support.
  • Une demande d’installation d’un logiciel d’accès à distance avant tout diagnostic réel.
  • Un climat d’urgence artificiel : peur de perdre ses données, blocage imminent, “virus qui se propage en ce moment”.
  • Une demande de paiement en cryptomonnaie ou en cartes cadeaux — un mode de paiement qu’aucun support légitime n’utilise, précisément parce qu’il est intraçable.

Ce qu’il faut faire immédiatement

  1. Raccrocher, ou fermer l’onglet du navigateur — sans cliquer sur rien dans la fenêtre d’alerte, y compris la croix de fermeture, qui peut parfois déclencher un téléchargement. Un redémarrage forcé de la machine règle en général le blocage à l’écran.
  2. Ne jamais rappeler un numéro affiché dans un pop-up ou communiqué par l’appelant. Pour vérifier une information, passez toujours par les canaux officiels que vous connaissez déjà (site Microsoft, votre prestataire informatique).
  3. Ne jamais installer un logiciel d’accès à distance à la demande d’un inconnu qui vous a contacté en premier.
  4. Sensibiliser les collaborateurs les plus exposés — l’accueil, la comptabilité, ou toute personne qui décroche facilement le téléphone de l’entreprise. C’est souvent elle, pas le dirigeant, qui reçoit l’appel.

Si vous avez déjà donné l’accès

Selon les recommandations de cybermalveillance.gouv.fr, la priorité est de couper l’accès en cours, puis de le désinstaller : désactivez ou désinstallez le logiciel de prise en main à distance utilisé pendant l’appel, changez tous les mots de passe des comptes qui ont pu être consultés pendant la session (messagerie, banque en ligne, accès professionnels), et surveillez les mouvements bancaires dans les jours qui suivent. Si un paiement a été effectué, contactez votre banque sans délai pour faire opposition et engager une contestation. Dans les cas les plus poussés, une réinstallation complète du poste peut être nécessaire pour être certain qu’aucun accès résiduel n’a été laissé.

Les faits peuvent être signalés sur internet-signalement.gouv.fr (plateforme PHAROS) et faire l’objet d’un dépôt de plainte. En cas de doute persistant sur l’intégrité d’un poste après une telle intervention, un prestataire référencé sur cybermalveillance.gouv.fr — ou votre infogérant habituel — doit vérifier la machine avant de la remettre en service.

Pourquoi une PME sans équipe IT est une cible de choix

Dans une petite structure, c’est souvent la personne qui répond au standard, pas le dirigeant, qui décroche ce type d’appel — sans forcément avoir le réflexe de vérifier ou d’en parler avant d’agir. Contrairement à une grande entreprise avec une DSI qui filtre ce genre de sollicitation, une PME guadeloupéenne sans service informatique dédié n’a souvent personne à qui poser la question “c’est normal, ce coup de fil ?” avant qu’il ne soit trop tard. C’est précisément ce filtre — savoir reconnaître une sollicitation illégitime et avoir un interlocuteur de confiance à qui la signaler avant d’agir — qu’une infogérance managée apporte au quotidien : un point de contact unique qui absorbe le doute avant qu’il ne se transforme en incident.

À retenir

Aucun support technique légitime — Microsoft compris — ne vous appelle jamais en premier pour signaler un problème sur votre PC. Un appel non sollicité, un numéro dans un pop-up, une demande d’installer un logiciel d’accès à distance : ce sont, à eux seuls, les trois signaux qui doivent faire raccrocher immédiatement.

Source : cybermalveillance.gouv.fr — Arnaques au faux support technique, Microsoft Support — Éviter et signaler les arnaques au faux support technique.

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